MOTION 3 | CONGRÈS D’AUBERVILLIERS

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Une démocratie vivante, une République de la confiance

Etre socialiste, c’est vouloir l’émancipation des individus par la réalisation de la République sociale. Le combat des socialistes français a toujours été indissociable du combat républicain et démocratique.

Nous sommes dans un moment de bascule. Le risque terroriste, la pression communautariste ou la domination des mastodontes du numérique conduisent pour la première fois depuis des décennies à un risque réel de recul des libertés individuelles.

L’essence même des démocraties est la vitalité des libertés et leur garantie par le droit.  Il devient urgent de marquer un coup d’arrêt face aux risques cumulés de régression.

Cessons de courber la tête face aux fake news et à l’hystérisation du débat public. Liberté et vérité sont indissociables car elles sont ensemble la possibilité du débat et de la démocratie.

Commençons déjà par donner l’exemple dans la qualité du débat entre socialistes pour ce congrès.

L’heure est au réveil des lumières. Contre toutes les dérives populistes, nationalistes et identitaires, contre les obscurantismes et les fanatismes, nous voulons construire un nouvel humanisme fondé sur la réhabilitation du vivre ensemble et des réponses collectives, sur la valorisation de la création culturelle et de l’esprit critique, la défense de la laïcité et l’extension des libertés publiques.

Nous faisons pleinement nôtres les trois principes clefs de la laïcité, la liberté absolue de conscience, la liberté des cultes, la neutralité de l’État. La Laïcité est le socle du vivre ensemble dans la République. L’État a la responsabilité de transmettre, d’enseigner et de faire respecter ces principes. Nous sommes aujourd’hui confrontés à une offensive fondamentaliste contre la République. Face à celle-ci nous devons faire face et assumer l’application de la Loi de 1905 et de la législation laïque.

La République ne peut plus tolérer les discriminations qu’elle est censée proscrire en droit. Notre combat pour l’égalité doit avancer sur ses deux jambes : la lutte contre les injustices économiques et sociales qui est au cœur de notre conception de l’Etat social, la lutte contre les discriminations qui est au cœur de notre conception de la citoyenneté républicaine.

Le combat républicain est aussi celui de la défense des libertés et de l’État de droit. Le renforcement de la loi face au risque terroriste est une priorité mais ne peut conduire à un renoncement aux libertés publiques fondamentales. Le respect du droit d’asile et de la dignité humaine doit être rappelé avec force face à la dérive de l’action du gouvernement.

Nous inventerons de nouvelles libertés face aux bouleversements technologiques. La transition numérique appelle la reconnaissance d’un droit à une intimité numérique, la lutte pour la protection des données personnelles, notamment de santé, et une maîtrise collective des enjeux de l’intelligence artificielle. La révolution biotechnologique en cours soulève de nouveaux enjeux au-delà des questions classiques de bioéthique.

Nous portons avec fierté les principes d’une République décentralisée, vivante et participative, sociale et citoyenne, fondée sur la confiance dans les territoires, dans les acteurs sociaux, sur la mobilisation de la créativité de chacun.  La République doit être attentive à tous ses territoires, à leurs initiatives et leur créativité, et construire de nouveaux contrats avec la Corse et les Outre-mer. Elle doit savoir s’appuyer sur les Français de l’étranger et la francophonie pour porter dans le monde ses ambitions et ses valeurs.

Chacun d’entre nous doit s’inquiéter face à la réalité d’une régression démocratique conduite par Emmanuel Macron, mettant de côté les corps intermédiaires et affaiblissant les collectivités locales : le collectif et le contrat sont, par principe, dévalorisés.

 

À la démocratie césarienne nous opposons la société de confiance.

Nous en appelons au retour d’une société de dialogue et de confiance autour de quatre principes :

  • La confiance dans le Parlement et la collégialité du travail gouvernemental via un renforcement des droits du Parlement et une limitation des pouvoirs du Président.
  • La confiance dans les territoires et leurs élus, parce qu’ils portent l’action publique au quotidien et inventent avec les citoyens les solutions de demain. Nous avons besoin d’un pacte financier et d’une nouvelle étape de décentralisation.
  • La confiance dans les partenaires sociaux, dans le dialogue et la démocratie sociale, car les affaiblir serait priver le pays du chemin de coopération dont nous avons cruellement besoin.
  • La confiance dans les citoyens, dans une démocratie fondée sur la mobilisation de leur créativité et de leur expertise, sur leur implication dans la prise des décisions, par exemple via le dialogue environnemental. La confiance dans les corps intermédiaires et le mouvement associatif fait le lien social dans notre pays.

La Renaissance socialiste, c’est redonner confiance en la République.

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