MOTION 3 | CONGRÈS D’AUBERVILLIERS

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  • Olivier Faure

    Lettre aux militants

Cher-e camarade,

Je propose dans ce congrès un chemin pour la renaissance du Parti socialiste.

Notre congrès d’Aubervilliers sera celui du renouveau si nous retrouvons le sens de la fraternité, si nous faisons clairement le choix de l’invention d’un nouveau parti et d’un nouveau projet pour les Français. C'est en proposant que l'on s'oppose le plus efficacement. C'est aussi en rassemblant.

Je suis le candidat du rassemblement et du dépassement. Je l’assume et je le revendique. L’unité est le bien le plus précieux des socialistes. Ne pas l'entendre serait ne pas comprendre ce qui nous est collectivement arrivé. Il n’y a pas d'avenir dans les guerres de tranchées.

La tentation du repli existe. Certains théorisent l'occupation d'un espace politique entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron. Cet espace représente 6,35% des voix.

Notre objectif doit être de reconquérir les cœurs et les esprits des Français qui se sont détournés de nous pour LFI ou LREM. C'est à tous ces Français qu'il faut parler à nouveau. Ce fut la force de F. Mitterrand, L. Jospin, F. Hollande de fédérer de la gauche de la gauche au centre-gauche.

Mais comment prétendre rassembler la gauche et les Français si nous ne savons même pas nous rassembler nous mêmes ? Face à un président de la République qui prétend rassembler et la droite et la gauche, nous ne serions pas capables de rassembler les socialistes?

Oui, je souhaite rassembler les talents et les énergies comme je le fais depuis un an à la présidence de notre groupe à l’Assemblée nationale. Je m’attache à construire un chemin commun comme je l’ai fait hier contre la déchéance de nationalité ou certaines dispositions de la Loi travail. Je rassemble autour de moi des femmes et des hommes de différentes sensibilités, issus de toutes les générations et de tous les territoires. Leur point commun, c’est le socialisme ! Leur envie partagée est de se retrouver pour le faire vivre dans une période qui exige le dépassement et l’engagement.

Nous devons inventer ensemble de nouvelles réponses et non pas rejouer le match du quinquennat que nous avons tous perdu.

Le congrès est un moment de débat par excellence. Ce débat doit d’abord être celui des militants.

Pour les socialistes, débattre, c’est être ensemble et c’est une fierté : nous ne serons jamais une formation-caserne, qui vote au canon, entérine la nomination de ses responsables à main levée et se voit imposer ses candidats par le haut. Nous avons la culture de la liberté, de la raison, de l’argumentation. Il est pour nous normal d’avoir plusieurs textes d’orientation et plusieurs candidatures à la fonction de Premier secrétaire. Mais le débat pour être utile doit se faire dans le respect des convictions, des personnes et de l’image de notre parti, déjà bien entamée. 

Je souhaite un débat public entre les quatre candidats. Mais je ne veux pas d’un débat qui salisse et abaisse notre parti. Je ne veux pas d’un "congrès-réalité" où les polémiques remplacent la politique. Les militants ne veulent plus d’un bal des égos.

Le congrès ne sera pas la fin du débat entre nous mais le coup d’envoi de beaucoup de débats à venir. Dans les mois qui viennent nous débattrons du bilan du quinquennat, de notre projet européen et, au fil des trois prochaines années, de notre vision de l’avenir pour notre pays. Oui, nous débattrons ensemble, pour nous relever, mais aussi et surtout pour nous retrouver, pour innover, pour progresser sur le chemin de notre renaissance.

Nous avons beaucoup de travail devant nous. Ceux qui prétendent détenir aujourd’hui toutes les réponses se moquent des militants et des Français. Ceux qui divisent et attisent les différences se disqualifient et continuent de nous abimer. Faisons vivre dans le débat notre diversité mais sans adversité, en recherchant ce qui nous est commun.

Si nous voulons réussir notre renaissance, nous devrons en effet radicalement changer.

Le premier changement, c’est le celui des comportements. Cela demande de la fraternité, de l’écoute et une immense solidarité collective. Adoptons une nouvelle éthique de discussion qui recrée de la confiance, entre nous et avec les Français.

Le deuxième changement est celui de notre organisation avec un nouveau parti, décentralisé, ouvert sur la société (syndicats, ONG, associations, intellectuels...), renouvelé, féminisé et paritaire dans la répartition égale des responsabilités pour un parti qui se concentre sur la reconquête dans nos territoires.

Un changement de méthode qui associe les militants à chaque étape et leur donne le dernier mot. C’est ainsi que nous construirons les nouvelles réponses face aux grands défis de la globalisation, de la transition écologique, de la révolution numérique qui transforment en profondeur notre société.

J’entends inventer une nouvelle maison commune, parti plateforme et parti des solutions, parce que c’est mon combat depuis tant d’années et parce que c’est l’aspiration des militant-e-s.

Faisons le choix du dépassement de nos histoires respectives pour inventer ensemble une nouvelle histoire collective. Affirmons dans ce congrès l’identité et l’utilité de socialistes. Nous n’avons pas été remplacés. Face à ce pouvoir néo-libéral, face au danger de l’extrême-droite et à la volonté de revanche de la droite, notre  pays, comme le peuple de gauche, ont besoin de nos valeurs et de nos combats.

La Renaissance, c’est revenir aux fondamentaux ET entrer dans la modernité. Assumer un héritage ET se tourner vers l‘avenir. Je fais confiance à notre capacité d’innovation et aux territoires, creusets des solutions, pour inventer le socialisme de demain. Surtout, je fais confiance aux militants, je sais qu’ils aspirent à l’unité et au rassemblement qui redonneront de la stabilité et de la force à notre parti. Nous en aurons besoin, pour redevenir le premier parti de gauche et construire une nouvelle vision pour le pays.

Cher-e camarade, pour réussir j’ai besoin de ta confiance, j’ai besoin que tu donnes de la force à cette démarche collective pour nous permettre de mener demain, dans la liberté et la clarté, la renaissance du Parti Socialiste.