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La Dépêche – Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste : «Les militants ont fait le choix de la renaissance»

Avant même votre investiture, vous êtes confronté à une première crise après le départ de cadres du Mouvement des jeunes socialistes. Comment réagissez-vous ?

Très bien, car il ne faut pas transformer un épiphénomène en un mouvement de fond. En réalité, quelques dizaines de jeunes ont décidé de rejoindre celui qu’ils ont toujours suivi, Benoît Hamon. Cinq fédérations en France ont fait ce choix. Tous les autres, y compris ceux qui étaient dans sa majorité jusqu’ici, refusent de le suivre. Ce que je souhaite, c’est que tous ceux qui ne se trouvent pas bien au sein du PS puissent le faire.

Vous ne les retenez pas ?

Ils ont choisi un autre chemin, ce que je peux comprendre. En revanche, j’ai du mal à comprendre comment on peut vouloir rassembler la gauche quand on commence par la fractionner et la diviser. Nous, nous avons vocation à rassembler.

Quel espace politique pour le PS entre les «marcheurs» et les «insoumis» ?

Je ne suis pas volontaire pour être le gardien d’un temple qui fait 6 %, mais pour parler à nouveau à des gens qui, lors de la dernière élection présidentielle, ont suivi soit Emmanuel Macron, soit Jean-Luc Mélenchon, et puis bien sûr à ceux qui nous sont restés fidèles. Nous ne sommes pas un espace «entre». Nous sommes la force à gauche qui doit continuer à parler de la gauche de la gauche au centre gauche et permettre de fédérer une force suffisante pour pouvoir alterner.

Vous rencontrez les militants. Quel message vous font-ils passer ?

D’abord, ils sont lucides sur l’état de faiblesse dans lequel nous sommes tombés mais ils ont envie de renouer avec l’espérance. En votant la motion que je portais, ils ont fait le choix de la renaissance. Ils disent aussi vouloir retrouver des valeurs, une fierté, une capacité à vivre ensemble. Il y a dans ces majorités des gens très différents qui ne partagent pas forcément tous les points de vue que défendra le premier secrétaire. Nous sommes socialistes, capables d’être, avec discernement, d’accord un jour avec Emmanuel Maurel, le lendemain avec Stéphane Le Foll, le surlendemain avec Luc Carvounas. Ce que les militants veulent, c’est retrouver un espace de débat. Ces dernières années, une forme de paresse nous a saisis les uns les autres qui a progressivement conduit à une forme de confort et d’immobilisme. Aujourd’hui, à 6 %, tout le monde a compris qu’il fallait se réinventer. La renaissance, c’est aller puiser dans nos valeurs fondatrices pour aborder les temps nouveaux, conjuguer ces valeurs républicaines et socialistes et l’entrée dans la modernité.

Parmi les prochains rendez-vous importants, il y a les élections européennes de 2019. Comment les abordez-vous ?

Ce sera une échéance très difficile avec une concurrence à gauche féroce. Notre force, c’est d’être effectivement de vrais européens au sens ou nous avons des partenaires que d’autres, à gauche, n’ont pas. Les Portugais, avec le Premier ministre (PS) Antonio Costa, les Italiens avec Matteo Renzi, les Espagnols, Alexis Tsipras en Grèce, peuvent être aussi des compagnons de route pour ces prochaines années.. On le sait, la social-démocratie européenne est en crise. Elle doit elle aussi se réinventer. On ne peut pas faire comme si rien ne s’était passé dans nos différents pays, comme si l’Europe n’était pas remise en question par la montée des populismes. On ne peut pas tenir un discours de repli sur soi. Il nous faut être en capacité d’être à nouveau à l’offensive, non pas dans une forme d’eurobéatitude ou d’euroscepticisme, mais en incarnant un autre chemin. Mais nous sommes profondément européens. Dans le contexte de la mondialisation, l’Europe est le seul moyen de réarmer les Européens pour leur permettre de créer un rapport de force et de protéger notamment notre modèle, la sécurité sociale, les retraites, des services publics de qualité, l’école gratuite…

Quel est l’enjeu du second tour qui se déroule aujourd’hui ?

Étant le seul candidat, l’enjeu est assez faible. C’est de pouvoir avoir une participation correcte qui permet d’asseoir cette renaissance et de pouvoir emmener l’ensemble des socialistes sur un chemin que l’on sait compliqué.

Recueilli par Serge Bardy – La Dépêche Publié le 29/03/2018 

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