MOTION 3 | CONGRÈS D’AUBERVILLIERS

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Inégalités et modèle économique

Il est paradoxal de faire de l’égalité un point parmi les autres dans les débats de notre congrès. L’égalité n’est pas une thématique, elle est notre boussole. L’indignation suscitée par les inégalités et l’injustice a été l’étincelle de notre engagement politique et en reste le moteur. Nous plaçons le combat contre les inégalités au cœur de notre projet politique parce que nous savons qu’elles sapent l’adhésion à nos valeurs communes et affaiblissent la promesse républicaine.

Le niveau atteint par les inégalités devient insupportable. Les 10 % des Français les plus riches concentrent près de 50 % du patrimoine brut des ménages, quand les 10 % des Français les plus modestes n’en détiennent que 0,07 %.

La politique menée par le gouvernement accroit ces inégalités avec une ampleur inédite. Quand les cadeaux fiscaux se multiplient pour les plus riches, le pouvoir d’achat des plus modestes diminue. Dans le même temps, les protections collectives comme les services publics sont fortement menacées.

Nous souhaitons promouvoir un modèle économique, en France et en Europe, qui repose sur une transition écologique, citoyenne et solidaire, étroitement liée au combat contre les inégalités et les injustices ; sur une diminution des inégalités de revenus au moment de la création des richesses ainsi qu’une redistribution par l’impôt et le service public.

Le travail est au cœur du lien social. Nous sommes le parti de tous les travailleurs, salariés, ouvriers, employés, indépendants, et la fin du travail n’est pas notre horizon. Pour nous, Socialistes, le travail a toujours été un levier d’émancipation qui permet à chacun de s’accomplir et de valoriser ses talents.

Pourtant, la part des salaires dans la répartition de la valeur ajoutée est passée de 67% en 1981 à 59% aujourd’hui. Or, c’est bien le travail et les salariés qui sont la source principale de la richesse. Cela justifie de renforcer le dialogue social dans les entreprises de toutes les tailles, mieux armer les syndicats, progresser vers la codécision et renforcer la participation des salariés. Il nous faut inverser le mouvement en cours de démantèlement des droits des salariés, et remettre en cause le principe même des ruptures conventionnelles collectives.

Le soutien aux entreprises doit d’abord porter sur la montée en gamme face à la concurrence internationale via formation, la recherche et l’innovation, avec comme priorité les PME et ETI industrielles. La baisse du coût du travail ne résoudra pas la question du chômage, lié à l’insuffisance de l’investissement dans l’humain. Inventons une société qui face aux mutations des technologies et du travail choisit de privilégier la qualité de vie au travail, d’investir massivement dans la formation, de poursuivre la réduction du temps de travail tout au long de la vie, de créer une véritable sécurité sociale professionnelle. Les nouvelles formes de travail, souvent plus précaires et sources d’épuisement professionnel, sont l’illustration que la bataille des droits sociaux n’est pas une vieillerie du siècle précédent.

Outre les questions liées au travail, 10 pistes sont prioritaires pour lutter contre les inégalités :

  1. Réaliser l’égalité réelle entre femmes et hommes, encourager la parité dans tous les domaines ; lutter contre le machisme et toutes les discriminations, qu’elles soient fondées sur la couleur de peau, le genre, la religion, l’orientation sexuelle, le handicap
  2. Innover dans la réduction des inégalités de patrimoine avec comme priorité l’accès à la propriété du logement
  3. Réaffirmer le rôle des services publics comme outils privilégiés de lutte contre les inégalités notamment dans le domaine de la santé
  4. Lutter contre les fractures territoriales via un soutien renforcé aux territoires fragilisés ruraux comme urbains
  5. Faire des départements et territoires ultramarins des laboratoires du retour à l’égalité réelle
  6. Pour lutter contre la pauvreté amplifier les expérimentations du revenu de base et des territoires à 0 chômeurs de longue durée
  7. Rétablir la priorité politique et budgétaire à l’éducation. Eradiquer le décrochage scolaire, construire l’égalité entre les jeunes dans l’orientation et le choix des parcours de formation, l’accès aux stages et à la découverte des métiers
  8. Rattraper le retard accumulé dans le soutien à l’enseignement supérieur et la recherche et assurer l’égalité d’accès des bacheliers aux filières de l’enseignement supérieur.
  9. Refaire de la fiscalité un instrument de redistribution : réinstaurer un impôt sur la fortune et rétablir la progressivité de l’impôt sur le revenu en remettant à plat les niches fiscales ;
  10. Encadrer la spéculation et les rachats agressifs d’entreprises qui mènent à la multiplication les plans sociaux ; poursuivre une lutte acharnée contre la fraude fiscale

De quoi est né le socialisme ? « De la conscience de l’égalité humaine », répondait Léon Blum. C’est la voie de notre renaissance.

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